Séminaires 2018-2019

Séminaire commun du CEHTA

Jeudi de 10 h à 12 h (INHA, salle Walter Benjamin, 2 rue Vivienne 75002 Paris), les 17 janvier, 14 février, 14 mars, 11 avril, 16 mai et 13 juin 2019

Lieu d'échange entre les chercheurs du centre et les collègues invités, le séminaire commun du CEHTA est une occasion de dialogues portant sur les travaux en cours et sur les enjeux actuels de la recherche en histoire et théorie de l'art et des images. Éric Michaud, Jacques Aumont, Jean-Claude Bonne, Giovanni Careri, François Lissarrague, Georges Didi-Huberman, Emanuele Coccia, Anne Lafont, Stéphane Breton, Pierre-Olivier Dittmar et André Gunthert y participent régulièrement ainsi que les doctorants du centre et tous ceux qui le souhaitent.

Présentation

PROGRAMME DÉTAILLÉ

Depuis sa création en 1985, les membres du Cehta se réunissent avec les doctorants et les chercheurs proches du centre autour des recherches en cours. Cette année, certains d’entre nous ont invité des collègues avec lesquels ils partagent des intérêts communs. Chaque invitant présentera son invité et entamera avec lui une conversation ouverte à tous. C’est une manière de cultiver et de partager la complicité intellectuelle propre à l’Ehess qui nous tient particulièrement à cœur.

Cette année nous avons prévu six séances dont la diversité des thèmes et des approches représente bien les problèmes qui nous intéressent actuellement : la morphologie de l’écologie urbaine, l’histoire et la théorie de l’ignorance raciste en matière d’histoire de l’art, l’anthropologie de l’image domestique au Moyen Age, la reconfiguration de la différence actuelle entre la pratique artistique et d’autres pratiques, le rapport entre l’histoire de l’après-guerre et les utilisations artistiques du feu, la dimension spéculative de la peinture moderne de Bruegel.
   

 

Hiram Powers and Segregated Art History

Caroline Jones

Invitée par Anne Lafont

17 janvier 2019

When Hiram Powers’s 1843 Greek Slave was exhibited at the Great Exhibition in 1851, it already possessed a nimbus of praise and poetic discourse. But the obvious association with US slavery only emerged in the popular press, when Punch magazine asked US exhibitors to add “choice specimens” … “in living ebony” to be displayed alongside the white marble. As a scholar trained in supposedly “American art history,” I was ashamed to discover a deeply significant performance by fugitive blacks and abolitionists, enacting “the Virginian Slave” on a busy Saturday (June 21, 1851) in front of Powers’s statue. How could such an incendiary performance have been absent from the literature on Powers? How could supposedly “American” art history have failed to record this significant act of performative reception for one of the hoary chestnuts of our canon?  The answer can only be segregation. Agnatology (the study of how ignorance is produced) must be brought to bear.

Caroline A. Jones is Professor in the History, Theory, Criticism section of the Department of Architecture at MIT.  She studies modern and contemporary art, with a particular focus on its technological modes of production, distribution, and reception, and on its interface with sciences such as physics and biology. Jones has also worked as a curator, notably at MIT’s List Visual Art Center: Sensorium (2006), Video Trajectories (2007), and Hans Haacke 1967 (2011).  Her publications include Machine in the Studio: Constructing the Postwar American Artist (1996/98, winner of the Charles Eldredge prize), Picturing Science, Producing Art (co-edited, 1998), Sensorium: embodied experience, technology, and contemporary art (as editor, 2006), Eyesight Alone: Clement Greenberg’s Modernism and the Bureaucratization of the Senses (2005/08), Experience: Culture, Cognition, and the Common Sense (co-edited, 2016), and The Global Work of Art (2016).  Her current research collaboration with historian of science Peter Galison examines patterns of occlusion and political contestation in seeing and unseeing the Anthropocene, with a focus on the uneven distribution of environmental justice. This work, and the current political situation, have prompted new research into structural racism in the organization of knowledge in her home discipline of art history.

 

Co-habiter avec les images

Gil Bartholeyns

Invité par Pierre-Olivier Dittmar

14 février 2019

Cette séance sera articulée autour de l’ouvrage co-edité par Gil Bartholeyns, Monique Bourin et Pierre Olivier Dittmar Images de soi dans l’univers domestique (PUR, 2018). Quand et comment les images sont-elles entrées dans la maison ? Quel était leur rôle dans la vie de tous les jours ? Certaines protègent les lieux, d’autres servent d’aide-mémoire ou de support à la prière, la plupart des décors sont des signes de prestige. L’ouvrage Images de soi dans l’univers domestiquepropose un premier jalon d’une histoire sociale et intime des images, en s’attachant aux décors et aux signes qui exprimaient la culture et l’identité des habitants mais aussi des familles et des réseaux de connaissance. L’histoire de la personne et l’histoire des images trouvent dans la maison un lieu de rencontre plein de surprises.

Gil Bartholeyns est responsable du master Sciences et cultures du visuel à la Faculté des sciences historiques, artistiques et politiques de l’université de Lille où co-anime le séminaire de l’École doctorale SHS et l’axe de l’IRHiS sur la culture matérielle et visuelle. Il est éditeur à Techniques&CultureModes pratiques et Terrain et collabore à L'HistoireCritiqueLe Débat. Il est l’auteur d’Imageet transgression au Moyen Âge (PUF, 2008) et Politiques visuelles (Les Presses du réel, 2015). Il a codirigé les ouvrages La Performance des images (Éditions de l’université de Bruxelles, 2010) etImages de soi dans l’univers domestique (PUR, 2018). https://pro.univ-lille.fr/gil-bartholeyns

 

Que veut dire « arter » ?

Ludger Schwarte

Invité par Georges Didi-Huberman

14 mars 2019

Le verbe « arter » est un néologisme pour désigner l’activité artistique. Cette séance tente d’analyser en quoi consiste l’activité artistique en la différenciant des pratiques esthétiques (tel le jardinage, le tatouage, jouer le piano).

Ludger Schwarte est Professeur de Philosophie à la Kunstakademie Düsseldorf depuis 2009. Il a effectué des etudes de Philosophie, Litterature et Sciences Politiques à Münster, Berlin et Paris. Il a obtenu sonc Doctorat en Philosophie à la Freie Universität de Berlin 1997, son Habilitation en Philosophie en 2007. Il a été Chargé de Recherche à la Freie Universität Berlin de 2000 à 2006, professeur-assistant à l’université de Bâle de 2006 à 2009, professeur d’esthétique à la Zürcher Hochschule der Künste 2009. Il a été invité en tant que Chargé de cours, chercheur où professeur à l’Université Paris 8, GACVS Washington, Maison des Sciences de l‘Homme (Paris), Université d’Abidjan, Columbia University (New York), EHESS (Paris), IKKM (Weimar). Ses intérêts de recherche sont l’esthétique, la philosophie politique, la philosophie du droit, et l’histoire des sciences. Parmi ses publications, on compte entre autres Gêne – Mären (Berlin: VWF, 1998), Die Regeln der Intuition. Kunstphilosophie nach Adorno, Heidegger und Wittgenstein (München: W. Fink 2000), Philosophie der Architektur (München: W. Fink 2009, traduit: Philosophie de l’Architecture, Paris: La Découverte, 2018), Vom Urteilen(Berlin: Merve, 2012), Pikturale Evidenz. Zur Wahrheitsfähigkeit der Bilder (Paderborn: Wilhelm Fink, 2015), Notate für eine künftige Kunst (Berlin: Merve, 2016, traduit: Notes pour un art futur, Dijon: Les presses du Réel, 2018).

 

Bruegel. Matière à spéculation et pièges à voir

Michel Weemans

Invité par Giovanni Careri

11 avril 2019

L’une des caractéristiques fondamentales des œuvres de Pieter Bruegel (c.1525-1569) est leur complexité narrative et visuelle. Celle-ci implique un ensemble de procédés visuels – profusion et enchevêtrement des figures, réduction et marginalisation des détails les plus signifiants, paradoxes, ambiguïtés et pièges visuels - qui visent à troubler le regard pour mieux susciter son intérêt et le conduire à spéculer. Dans la pensée chrétienne, spéculer c’est s’exercer à la contemplation du monde visible comme moyen de comprendre les principes divins, passer du visible à l’invisible. Dans nombre d’ouvrages qui comportent dans leur titre le terme de « Miroir » (Speculum), les créatures du monde naturel sont décrites comme les traces du Créateur et de ses intentions salvatrices pour le monde. La représentation de la nature et des activités humaines chez Bruegel est envisagée ici dans le contexte de cette pensée spéculative. À la fois miroir du monde et miroir tendu au spectateur, les images spéculatives de Bruegel sont conçues comme des exercices de discernement : matière à spéculation et pièges à voir.

Michel Weemans est historien de l’art et commissaire d’exposition. Il enseigne à l’ENSA de Bourges. Ses travaux portent sur le paysage, sur l’art néerlandais et sur l’herméneutique de l’image à la Renaissance. Il a été co-commissaire de l’exposition Une image peut en cacher une autre (Paris, Grand Palais, 2009) et Fables du paysage flamand. Bosch, Bles, Brueghel, Bril (Lille, Palais des Beaux-Arts, 2012). Il a publié notamment : Le paysage extravagant (Ars 1 :1, 2012) ; Herri met de Bles. Les ruses du paysage au temps de Bruegel et d’Érasme, Hazan, 2013; Bruegel, Hazan, 2018 (en collaboration avec R. Falkenburg); il a co-édité : Paysage sacré/Sacred Landscape, Olshki, 2011 (sous la dir. de D.Ribouillault, M. Weemans) ; Imago Exegetica. Visual Images as Exegetical Instruments(sous la dir. de W. Melion, J. Clifton, M. Weemans), Brill, 2014, The Anthropomorphic Lens. Anthropomorphism, Analogy and Microcosmism in Early Modern Art and Literature (sous la dir. de M. Weemans, W. Melion, B. Rothstein), Brill, 2014 ; Images doubles. Pièges et révélations du visible(sous la dir. de M. Weemans, J.-H. Martin et D. Gamboni, Hazan, 2016).

 

De la brûlure en art : à partir d’Alberto Burri

Luca Acquarelli

Invité par Giovanni Careri 

16 mai 2019

Je propose une réflexion générale sur la brûlure comme élément esthétique en peinture. Mon étude porte premièrement sur l’un des peintres qui a le plus utilisé la combustion dans l’art des années 1950-60 : l’italien Alberto Burri. J’analyserai en profondeur certaines de ses œuvres en tissant des liens avec d’autres artistes qui ont utilisé le feu dans leurs travaux. Cette étude nous permettra de tirer quelques premières considérations d’ordre esthétique, sémiotique et phénoménologique sur les différents signes de la combustion dans les différents contextes : cratères, déchirures, veines, éclats, noircissements, halos etc. Pratique figurative, abstraite ou informelle ? Véhicule d’une nouvelle dimension entre peinture et sculpture ? Exaltation de la matière sur la forme ? Se poser ces questions représente une manière de mieux saisir cette pratique esthétique afin d’en extraire certains traits formels et phénoménologiques et pouvoir ensuite formuler quelque proposition de type plus généalogique.

Luca Acquarelli est Maître de conférences à l'Université de Lille 3, actuellement en année en délégation CNRS auprès du CRAL (EHESS) avec un projet de recherche intitulé : « Les fascismes et leurs mémoires au prisme des arts contemporains : un travail d’analyse comparative ». Ses recherches portent sur les théories de l'image, l'iconographie du pouvoir politique et la relation entre image, art, histoire et mémoire. Il prépare un livre sur l'iconographie du fascisme italien. Parmi ses derniers travaux, les articles L’histoire au prisme du figural et du contemporain : Pays Barbare de Gianikian et Ricci Lucchi, La Région Centrale : exténuation d’un paysage et spectateur-chair, et la direction d’un volume sur la question du figural : Au prisme du figural. Le sens des images entre forme et force(Presses Universitaires de Rennes, 2015).

 

Les affordances architecturales comme opérateurs morphogénétiques des écoumènes

Patrice Ceccarini

Invité par Jean-Claude Bonne

13 juin 2019

Dans le Livre I du De architectura, fidèle à la pensée de Lucrèce, Vitruve donne les premières formulations théoriques et épistémologiques connues de la discipline architecturale ; il énonce les fonctions majeures de la ratio canonique –firmitas, utilitas, venustas, accompagnées d’autres notions. L’examen critique du texte original permet de se rendre compte que les traductions de ce corpus aux XIXe et XXe siècles ont été largement interprétées en termes rationalistes et fonctionnalistes, éludant une très grande part de son contenu théorique originel. Si l’on regarde de plus près, on y décèle des caractéristiques organiques et génétiques dont l’indice est l’adéquation des usages et des structures géométriques aux environnements naturels et phénoménaux ambiants, accordant à la notion de proportio, une fonction prééminente. Or, le principe d’adéquation entre habitants et milieux naturels se retrouve aussi dans le domaine de la psychologie environnementale avec la théorie des affordances de J.J. Gibson, dont la définition est donnée dans le livre The Ecological Approach to Visual Perception (1979). On y devine des liens étroits avec la théorie vitruvienne et c’est précisément à partir d’une conjonction de ces deux textes qu’une théorie des affordances architecturales capable de modéliser l’émergence des lieux habités par l’adéquation entre milieux environnementaux et anthropologiques serait possible. Une telle théorie permettrait alors de dépasser l’aporie dogmatique moderniste aujourd’hui encore dominante. Face aux questionnements écologiques et économiques contemporains, ces nouvelles méthodologies de la conception architecturale et urbaine en Systemic Design, conjointes aux écologies projectives, constituent un enjeu stratégique pour le rééquilibrage et l’action soignante des écoumènes humains.

Architecte DPLG et urbaniste de formation (ENPC/AMUR), diplômé du Centre d'Études Supérieures en Histoire et Conservation des Monuments Anciens (CESHCMA), Patrice Ceccarini est professeur en théories et pratiques de la conception architecturale et urbaine à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Val de Seine / Paris 7 Diderot et directeur de l’Axe Systemic Design & Écologies projectives du Laboratoire Environnements numériques, Cultures Architecturales et Urbaines(EVCAU / ENSA-PVS). Après un doctorat à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales en Histoire et civilisations, options "Sciences des langages et Architecture" sous la direction d'Hubert Damisch et Jean-Claude Bonne (CEHTA), il fut membre du séminaire commun "Morphodynamiques: esthétique, sciences de la nature et sciences sociales" (EHESS) de 2001 à 2017, et collabore actuellement avec le Laboratoire Interdisciplinaire des Énergies de Demain (UMR-LIED), Paris 7 Diderot.

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