Séminaires 2019-2020

Séminaire commun du CEHTA

Jeudi de 10 h à 12 h (INHA, salle Walter Benjamin, 2 rue Vivienne 75002 Paris), les 23 janvier, 20 février, 19 mars, 30 avril et 28 mai 2020

Lieu d'échange entre les chercheurs du centre et les collègues invités, le séminaire commun du CEHTA est une occasion de dialogues portant sur les travaux en cours et sur les enjeux actuels de la recherche en histoire et théorie de l'art et des images. Éric Michaud, Jacques Aumont, Jean-Claude Bonne, Giovanni Careri, François Lissarrague, Georges Didi-Huberman, Emanuele Coccia, Anne Lafont, Stéphane Breton, Pierre-Olivier Dittmar et André Gunthert y participent régulièrement ainsi que les doctorants du centre et tous ceux qui le souhaitent.

Programme en pdf. à imprimer au bas de la page

 

PROGRAMME DÉTAILLÉ

23 janvier 2020

Théories et pratiques de l’image aux sources de la condition contemporaine

Rémi Labrusse

Invité par Anne Lafont


Comment élaborer, aujourd’hui, une histoire de l’art capable de produire une généalogie du régime d’hyper-visualité qui caractérise les cultures contemporaines – y compris dans leurs déchirements ? Comment comprendre, spécifiquement, les positions à la fois symptomatiques et déconstructrices de la création artistique, dans ce contexte ?

Ancrée dans le temps long de la modernité, une pratique critique de l’art contribue à fabriquer notre condition présente. Mais elle contribue aussi à révéler de plus en plus clairement l’hétérogénéité de cette condition par rapport à ses antécédents, comme une sorte de crise dans la crise, ou plutôt de crise de la crise. C’est ce qu’il faudrait que l’histoire de l’art parvienne à approcher suivant des procédures ouvertes, elles-mêmes prêtes aux ruptures épistémologiques. L’enjeu est donc de méthode, mais il est aussi thématique. Trois horizons de recherche apparemment sans lien peuvent servir à le montrer : la préhistoire et la notion d’immémorial ; l’ornement et la notion de technique ; les arts de l’Islam et la notion d’Orient. L’idéal serait que la discussion mette à l’épreuve la logique commune qui peut les sous-tendre et la pertinence de leur approfondissement par l’histoire de l’art, au regard de l’actualité.

Rémi Labrusse enseigne l’histoire de l’art à l’université Paris Nanterre. Il a notamment publié Matisse, la condition de l’image (1999), Miró, un feu dans les ruines (2004, nvlle éd. 2018), Islamophilies. L’Europe moderne et les arts de l’Islam (2011), Face au chaos. Pensées de l’ornement à l’âge de l’industrie (2018), Préhistoire. L’Envers du temps (2019). Il a par ailleurs collaboré à l’organisation d’expositions dont « Préhistoire. Une énigme moderne » au Centre Pompidou en 2019.

 

20 février 2020

Philippe Parreno, ou l'art de l'exposition

Emanuele Coccia


Parmi les artistes contemporains, Philippe Parreno est celui qui a radicalisé le passage contemporain de l’artefact à l’exposition comme médium d’expression artistique privilégié. L’exposition est le geste élémentaire de l'art, sa forme la plus simple, sa ‘technologie’ la plus puissante. Il s’agit, dans les termes de Parreno lui-même, d’une « forme de communication post-symbolique, où au lieu d'utiliser un signe pour parler de la chose qu'il représente », on « prend la chose elle-même » : « imaginez une pièce où les gens ont une discussion sérieuse mais sans utiliser de mots, juste en se lançant des objets - singe, épagneuls ou pots ». Le rôle de l'artiste est toutefois moins celui d’un commissaire qui disposerait les objets d’arts à l'intérieur d'un espace, que celui d’un alchimiste qui doit, selon ses propres mots, « animer l'exposition comme s'il s'agissait en quelque sorte d’animer un corps ». Ainsi, du projet de collaboration avec Pierre Huyghe No Ghost Just A Shell (1999) jusqu'à la version la plus récente de Anywhere, Anywhere Out of the World (2016), de Marilyn (2012) à Anywhen (2017), les expositions de Parreno sont le lieu où la création se transforme en créature, un sujet ou un alien à mi-chemin entre Frankenstein et un Golem qui devient autonome face à l’artiste et au public.

Emanuele Coccia est maître de conférences à l'EHESS. Parmi ses publications La vie sensible (Payot et Rivages, 2010), Le Bien dans les choses (Payot et Rivages, 2013), La vie des plantes (Payot et Rivages, 2016) et Métamorphoses (Payot et Rivages, 2020). En 2019 il a été conseiller scientifiques de l'exposition « Nous, les Arbres » à la Fondation Cartier pour l'art contemporain.

 

19 mars 2020

Cosmétiques abstraites : parure, image et expression

Bertrand Prévost

Invité par Giovanni Careri


Quelle généalogie permet de penser conjointement l’image et la parure ? On la cherchera moins dans un fonds historique et anthropologique pourtant tout à fait avéré, si tant est que la cosmétique a constitué chez l’homme le premier souci esthétique, qu’à la faveur d’un mode d’être esthétique qui déborde non seulement la poiésis humaine, en emportant avec lui les formes animales, mais encore toute forme de poiésis. On n’hésitera pas à qualifier ce mode d’expressif, si tant est que l’expression ne doit plus se concevoir comme le passage d’une intériorité à une extériorité mais consiste d’abord en des processus d’expropriation par lesquels une image se détache, s’abstrait ou s’extrait d’une forme individuelle. Qu’ils soient spontanés ou artificiels (notamment dans la pratique du trophée), ces décollements souverains nous permettrons d’éprouver toute la subtilité des images, autrement dit leur nature volatile et incorporelle.


Bertrand Prévost, historien de l'art et philosophe, est maître de conférences HDR à l'université de Bordeaux-Montaigne (département d’arts plastiques). Il a notamment publié La peinture en actes. Gestes et manières dans l'Italie de la Renaissance (2007), Botticelli. Le manège allégorique (2011), Peindre sous la lumière. Alberti et le moment humaniste de l'évidence (2013), Marqueterie générale. Hubert Duprat(2020).

 

30 avril 2020

“And Thus the Soul is like the Hand".
Rembrandt's "Aristotle with the Bust of Homer" in a new light

Jürgen Muller

Invité par Giovanni Careri

Le tableau de Rembrandt Aristote contemplant le buste d'Homère du Metropolitan Museum of Art de New York appartient aux travaux les plus importants de son œuvre tardive. C'est aussi l'une des rares œuvres créées pour un client italien. L'œuvre a donné lieu à de nombreuses interprétations et, plus récemment, elle a été interprétée comme un « paragone » entre la peinture et la sculpture. La conférence veut montrer que l'artiste rejette consciemment cette rivalité et se concentre sur l'unité des arts. Il s'agit en même temps d'un récit émouvant qui parle des possibilités, mais aussi des limites de l'art. La conférence se déroulera en anglais.


Jurgen Muller (né en 1961) a fait ses études à Bochum, Munster, Paris, Pise et Amsterdam. Après une maîtrise d'histoire de l’art à Bochum et un doctorat d'État, il enseigne à l'université de Hamburg, en tant qu'assistant, ensuite professeur invité à Marburg, Berlin et Paris et, enfin, titulaire de la chaire d’histoire de l’art moderne à Dresde (2002-2020). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'art et le cinéma. Sa specialisation est la Renaissance au Nord de l’Europe.   

 

28 mai 2020

“Muteness": At the intersection of Animals, Objects,
and Disability in Premodern Europe

Karl Steel

Invité par Pierre-Olivier Dittmar


La portée lexicale prémoderne du mot « mutisme », que ce soit en latin, en français ou en anglais, englobe à la fois l'absence de son et l'absence de sens. Les humains handicapés pourraient être décrits comme « muets » s'ils ne pouvaient pas produire un discours articulé et compréhensible; les théoriciens chrétiens auraient pu définir les idoles comme muettes, parce qu'elles étaient censées n'avoir rien à dire; et les animaux non-humains, aussi bruyants soient-ils, pourraient aussi être qualifiés de muets : le Vocabulista de Papias, par exemple, inaugure sa liste des sons de 53 animaux distincts avec les « voces mutorum animalium », les voix des animaux muets. Cette intervention explorera comment la condition médiévale du « mutisme » traverse la déficience humaine, l'incapacité animale et la stupidité matérielle, comment le mot glisse de l'incapacité à l'irrationalité à l'inanimé; d'une vie humaine dont la raison ne peut être entendue, à un animal dont le bruit n'a rien à communiquer sauf son irrationalité, à un animal qui n'a ni vie, ni voix ni agentivité. Enfin, l’intervention abordera des considérations relatives au rire et à d'autres signes inarticulés de rationalité. La conférence se déroulera en anglais.


Karl Steel est professeur associé d'anglais au Brooklyn College et au Graduate Center, CUNY. Il est l'auteur de nombreux articles et de deux livres : How to Make a Human : Animals and Violence in the Middle Ages (Ohio State University Press, 2011) et How Not to Make a Human : Pets, Feral Children, Worms, Sky Burial, Oysters (University of Minnesota Press, 2019), et a co-édité des numéros spéciaux de Glossator (avec Nicola Masciandaro, sur Pearl), Postmedieval (avec Peggy McCracken, sur les animaux), et Early Modern Culture (avec Holly Dugan, également sur les animaux

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