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"Autour de la danse de Matisse", Pascal Rousseau et Jean-Claude Bonne (13/04/13)

Les Rencontres du 13 avril 2013 à la Galerie Colbert (Paris) : Corps, peinture, architecture - autour des différentes versions de la Danse de Matisse

Conférences inaugurales (auditorium) par Jean-Claude Bonne (EHESS), Rémi Labrusse (Paris Ouest Nanterre La Défense), Pascal Rousseau (Paris 1-HiCSA)

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Pour la troisième année consécutive, la Galerie Colbert ouvre ses portes au grand public. Lieu historique conservant la mémoire du xixe siècle et de ses fameux « passages », elle héberge depuis 2001 la plupart des établissements d'enseignement et de recherche d'Île-de-France en histoire de l'art, ainsi que l'Institut national du patrimoine.

Les Rencontres du 13 avril 2013 permettront de visiter ce haut lieu de la recherche, de la formation et de la coopération internationale en histoire de l'art, et de découvrir les savoir-faire, les outils d'analyse, les méthodes d'examen et d'interprétation des chercheurs qui y œuvrent : historiens de l'art, de la littérature, des arts de la scène, de l'écran et de la photographie, ou conservateurs du patrimoine et des bibliothèques, et restaurateurs.
À nouveau, une œuvre a été choisie pour fédérer les réflexions et nourrir les débats, une œuvre déterminante pour l'histoire des avant-gardes, passionnante par les influences qu'elle reçut et exerça, comme dans ses rapports avec d'autres arts que la peinture et d'autres cultures que l'Europe : la Danse de Matisse.

Commandée au début de 1909, avec son pendant la Musique, par le collectionneur russe Sergueï Chtchoukine pour la décoration de son hôtel particulier à Moscou, l'œuvre (aujourd'hui conservée à Saint-Pétersbourg, au musée de l'Ermitage) est l'une des plus hautes réussites du Fauvisme et témoigne admirablement des recherches d'un artiste s'émancipant des règles de représentation traditionnelles de l'art occidental.
« Panneau décoratif », selon le titre du catalogue du Salon d'automne de 1910 où la deuxième version de l'œuvre fut présentée, la Danse n'en est pas moins l'expression magistrale d'une ronde par des formes simplifiées et des rapports de couleurs. « Mon premier et principal élément de construction était le rythme », écrivit Matisse à propos de cette version, « le deuxième, une grande surface d'un bleu soutenu (allusion au ciel de la Méditerranée), le troisième un tertre vert (le vert des pins méditerranéens). Avec ces données, mes personnages nus ne pouvaient être que vermillon pour obtenir un accord lumineux ». La force de cette transposition de la réalité repose sur la confrontation entre les arts, sur les relations qu'instaure toute image entre l'espace et le temps, et sur la découverte des arts extra-européens, dont le « primitivisme » déjoue les effets de l'illusionnisme.

Les multiples sujets que l'on peut aborder à partir de cette œuvre -- la tension entre dimensions « décorative » et « expressive » de l'art, le rapport des arts visuels au mouvement, la notion de couleur-lumière, l'influence des arts non occidentaux, ... sans oublier la question posée par la reprise et les variations d'un même thème dans l'œuvre d'un artiste -- vont bien au-delà de l'intérêt que Matisse porta à la danse. En fait, ils concernent non seulement toute l'histoire de cet art, depuis les satyres et ménades de l'Antiquité jusqu'à Pina Bausch et Carolyn Carlson, mais aussi toutes les pratiques artistiques : peinture, architecture, sculpture, arts décoratifs, théâtre et opéra, musique, photographie, cinéma, vidéo, performance.

La Danse de Matisse permet ainsi d'éclairer d'autres contextes que celui de sa création, d'autres arts que la peinture. Les interventions des chercheurs, les ateliers et tables rondes, et les projections qui ponctueront cette journée couvriront le champ historiographique de l'œuvre et de ses développements (Danse du musée d'Art moderne de la Ville de Paris, Danse de la Fondation Barnes... ), les enjeux de leur élaboration, de leur réception et de leur conservation, leurs origines lointaines dans le temps et dans l'espace, et bien sûr leur actualité dans l'art contemporain.

EHESS

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