Publications récentes Ouvrages et Revues

CARAVAGGIO

CARAVAGGIO

La fabbrica dello spettatore

Giovanni CARERI
Milan,  Jaca Book, 2017,  380 p.
Prix : 150.00
Michelangelo Merisi, detto il Caravaggio (1571-1610), è una figura fondamentale nella storia dell’arte, un precursore della modernità. Al pittore lombardo, il cui realismo spinse Poussin ad affermare che era nato per «distruggere la pittura», si deve una svolta stilistica decisiva, persino rivoluzionaria, tra i secoli XVI e XVII. Apprezzato per la fedeltà al reale e per l’inedita intensità della luce, l’artista ha operato una profonda riflessione sui dispositivi interni al quadro e sulle sue strategie di interpellazione dello spettatore. Questo libro esplora da vicino la rivoluzione caravaggesca, attraverso i molteplici «specchi» con i quali questo straordinario pittore continua a metterci a confronto. Se lo specchio è l’oggetto di riflessione utilizzato materialmente nei primi autoritratti, nel corso della sua carriera Caravaggio lavora soprattutto sulle diverse forme di riflessività. L’immagine di sé diviene così un luogo di sperimentazione che fa dell’altro uno specchio rivelatore: il travestimento mitologico (da Bacco a Narciso, passando per Medusa), l’alterità culturale o il contrasto dei generi sono tutte espressioni di questa ricerca. La stessa immagine del Cristo diviene specchio, chiamando così il devoto a «conformarsi», per usare le parole di san Paolo. Nella struttura dell’opera di Caravaggio, il principio di riflessività, come le pieghe, le aperture e i raddoppiamenti che gli sono connessi, funge anche da modello ideale. Le composizioni con più figure sono luoghi nei quali la pittura riflette su se stessa, sulla sua narratività interna e sui tempi che la traversano. Il «realismo cristiano» di Caravaggio viene allora considerato sotto una nuova luce, a partire dall’assemblaggio dei gesti del popolo con le attitudini più nobili desunte dall’iconografia antica. La fedeltà al reale non è più una semplice questione di imitazione, ma di memoria visiva e di montaggio dei tempi.

ISBN : 978-88-16-60546-6
Fiche éditeur : http://www.jacabook.it/ricerca/main-aut.htm
ENVOLS D'AMOUR LE BERNIN

ENVOLS D'AMOUR LE BERNIN

Montage des arts et dévotion baroque

Giovanni CARERI
Éditions Mimésis, Images Mediums ,  2017 [1990],  262 p.
Prix : 26,00 €
L’ouvrage propose une étude de l’oeuvre de Gian Lorenzo Bernini (Naples, 1659 – Rome, 1680), à la lumière de la théorie du « montage pathétique » élaboré par Serguei Eizensteijn. L’artiste nous a livré un ensemble artistique complexe, nommé « bel composto », issu de registres expressifs, conceptuels et narratifs hétérogènes, embrassant architecture, peinture et sculpture. Importante contribution à l’étude de l’art baroque, cet ouvrage inscrit l’analyse de l’oeuvre du Bernin dans une réflexion plus ample qui résonne avec les problématiques actuelles de l’art contemporain et du cinéma.

ISBN : 978-88-69-761041
Fiche éditeur : http://www.editionsmimesis.fr/catalogue/envols-damour/
APERÇUES

APERÇUES

Georges Didi-Huberman
Paris,  Les éditions de Minuit, 2018,  352 p.
Prix : 27,00 €
CARAVAGE

CARAVAGE

La peinture en ses miroirs

Giovanni CARERI
Paris,  Citadelles & Mazenod, 2015,  384 p.
Prix : 189.00€
 Audacieux dans sa composition comme dans les analyses détaillées des oeuvres, ce livre étudie la position assignée au spectateur par la peinture de Caravage et l'effort d'interprétation que l'artiste exige de lui. Utilisant le miroir comme figure emblématique de la réflexivité, Giovanni Careri reconstruit les expériences qui ont conduit le peintre à se représenter dans ses propres tableaux pour s'offrir à l'oeil du spectateur, à la condition qu'il s'approche en "amant". Le dispositif séculaire et ses variations constituent ainsi le fil rouge d'une monographie qui aborde l'oeuvre de Caravage sous un angle inédit. Outre la précision mimétique, le miroir permet le dialogue avec sa propre conscience.  L'incrédulité de saint-Thomas, en point de départ permet de poser d'emblée des questions déterminantes : comment Caravage parvient-il à attirer puis conserver l'attention du spectateur ? L'auteur s'intéresse ensuite à la genèse de ces questionnements à travers les premières peintures connues du peintre, pour la plupart des autoportraits peints au miroir, où le peintre invite le spectateur à se saisir du corps peint par le regard mais aussi par le toucher. Se dessine alors une configuration complexe et novatrice des différentes positions que peut occuper le spectateur. Ce même groupe de tableaux s'empare également du sujet avant qu'il ait eu le temps de concevoir une pensée ou d'articuler un discours. La problématique du miroir est ensuite déplacée sur le terrain de la peinture de genre et de la peinture religieuse où la spécularité continue de fonctionner, notamment dans les tableaux peints avant ou immédiatement après l'entrée, en 1597, de Caravage chez son mentor le Cardinal del Monte. Puis, l'auteur s'attache à l'étude de la chapelle Contarelli de Saint-Louis-des-Français sous l'angle de la construction narrative disjointe que Caravage développe pour proposer au spectateur un long travail de remontage. Loin de manifester le moindre doute ou une certaine indifférence à la foi, la peinture de Caravage s'engage dans l'invention d'un "réalisme chrétien", mélange de figures populaires et d'images appartenant à la tradition figurative antique et de la Renaissance. Enfin, les tableaux du peintre dits "violents" révèlent une manière nouvelle inaugurée dans la figuration d'un acte brutal, souvent objet de réflexion de la part de celui qui est en train de l'accomplir : cette construction, paradoxale du point de vue de la vraisemblance, fait résonnance avec la question majeure de l'intériorité propre au sujet moderne. Si la peinture de Caravage se nourrit forcément de certaines expériences personnelles, elle s'élabore avant tout dans un dialogue intense avec la production picturale de son temps, avec un sens de la provocation artistique qui se plaît à tutoyer les limites. Alors que les ouvrages sur Caravage dépassent en nombre ceux sur Michel-Ange ou Raphaël, et que depuis trente ans le public se presse aux expositions qui lui sont consacrées, ce livre porte un regard neuf sur l'artiste. En posant la question du spectateur, il déplace considérablement l'interprétation de l'ensemble de l'oeuvre. 

ISBN : 978 2 85088 641 6
LES INVASIONS BARBARES

LES INVASIONS BARBARES

Une généalogie de l'histoire de l'art

Éric MICHAUD
Gallimard, NRF essais ,  2015,  320 pages, 14 ill., 140 x 205 mm p.
Prix : 23,00€
 L’histoire de l’art a commencé avec les invasions barbares.  Vers 1800, ces invasions sont devenues soudainement l’événement décisif par lequel l’Occident se serait engagé dans la modernité : le sang neuf des races du Nord, tout en conservant l’ancien, aurait apporté un art nouveau, nécessairement antiromain et anticlassique, et dont l’héritage était encore manifeste en Europe.  Ce récit fantastique, inséparable de la formation des États-nations et de la montée des nationalismes en Europe, se fondait sur le double postulat de l’homogénéité et de la continuité des peuples «étrangers» : il fit bientôt tomber les styles artistiques sous la dépendance du sang et de la race. L’histoire de l’art associa ses objets à des groupes raciaux en s’appuyant sur quelques singularités visibles : tantôt leurs qualités «tactiles» ou «optiques» les dénonçaient comme «latins» ou «germains», tantôt la prédominance des éléments linéaires trahissait une origine méridionale, quand le «pictural» indiquait clairement une provenance germanique ou nordique. Les musées, pour finir, regroupèrent les productions des beaux-arts selon leur provenance géographique et l’appartenance «ethnique» de leurs créateurs.  Il serait parfaitement vain de chercher à démontrer que l’histoire de l’art fut une discipline raciste : elle ne l’aura été ni plus ni moins que les autres sciences sociales qui, toutes, furent touchées ou orientées par la pensée raciale visant à classer et hiérarchiser les hommes en fonction de traits somatiques et psychologiques qui leur étaient attribués. Mais, montre Éric Michaud, les liens qu’elle a tissés entre les hommes et leurs objets artistiques ne sont pas encore tranchés : l’opinion la plus commune sur l’art est qu’il incarne au mieux le génie des peuples.  Aujourd’hui encore, sur le marché mondialisé, la provenance ethnico-raciale exhibée des œuvres – «Black», «African American», «Latino» ou «Native American» – donne à ces objets d’échange une plus-value estimable. Ainsi s’expose en permanence une concurrence des «races» qui n’est jamais que la même qui présida aux commencements de l’histoire de l’art.
L'IMAGE PARTAGÉE

L'IMAGE PARTAGÉE

La photographie numérique - De l’image partagée au selfie, l’histoire du basculement vers l’image 2.0.

André GUNTHERT
Paris,  Éditions textuel, L'écriture photographique ,  2015,  176 p.
Prix : 25,00€
Révolution technique autant que phénomène social, le basculement vers l’image numérique appartient au petit nombre des mutations qui ont transformé en profondeur nos pratiques et modifié notre perception du monde.Véritable carnet de route de l’expérience numérique, l’ouvrage d’André Gunthert, l’un des meilleurs observateurs de la culture visuelle, propose une première histoire de ces nouveaux usages. Il restitue le détail des débats enregistrés au fur et à mesure de leur éclosion : le journalisme citoyen, la culture du partage, la concurrence des amateurs, la reconfiguration de l’information, l’image conversationnelle, la consécration du selfie…Une analyse indispensable pour mieux comprendre la place de l’image fluide – dématérialisée, connectée, partagée – dans l’univers contemporain, avec ses nouvelles fonctions d’expression, de communication ou de socialisation.

ISBN : 978 2 84 597 530 9
LA VIE DES PLANTES

LA VIE DES PLANTES

Une métaphysique du mélange

Emanuele COCCIA
Paris,  Payot, Bibliothèque Rivages ,  2016,  192 p.
Prix : 18,00€
 Elles sont parmi les habitants les plus nombreux de notre planète et pourtant la philosophie les a négligées, voire haïes : les plantes ont depuis toujours été la cible d’un snobisme métaphysique. Malgré le développement de l’écologie, la démultiplication des débats sur la nature ou sur les questions animales, les plantes – leur forme de vie, leur nature – restent une énigme pour la philosophie. En mêlant exemples tirés de la philosophie, des sciences naturelles et de l’art, ce livre s’efforce de pénétrer le mystère de ces êtres singuliers.
À FORCE DE SIGNES

À FORCE DE SIGNES

Travailler avec LOUIS MARIN

Sous la direction de Pierre-Antoine FABRE, Alain CANTILLON et Bertrand ROUGÉ (ed.)
Paris,  Éditions de l'EHESS, En temps & lieux ,  2018,  506 p.
Prix : 35,00 €
Comment l’œuvre de Louis Marin a-t-elle travaillé, dans sa grandeur discrète, depuis la disparition du philosophe, historien et sémiologue, en 1992 ? Comment sa méthode d’approche des objets, textes et images, sur lesquels il a fait porter son attention patiente depuis ses Études sémiologiques (1971) jusqu’au Pouvoir des images, dernier livre publié de son vivant, a-t-elle profondément imprimé sa trace dans un grand nombre de recherches conduites par des historiens de la littérature, de l’art, de la philosophie, et plus généralement des sociétés moderne ? Les études réunies ici s’échelonnent sur les vingt-cinq ans qui nous séparent de sa mort et veulent rendre compte de l’unité d’une œuvre mais aussi de l’extrême variété de ses effets. Louis Marin n’a pas fait système, mais il a aidé de nouvelles générations à concevoir et à comprendre les systèmes de représentation au sein desquels ont été produits les gestes d’écriture et de peinture qu’il a su interroger.  
LA RUSE DU TABLEAU

LA RUSE DU TABLEAU

La peinture ou ce qu'il en reste

Hubert DAMISCH
Paris,  Seuil, La librairie du XXIe siècle ,  2016,  256 p.
Prix : 20,00€
 La forme « tableau » correspondrait à un moment déterminé dans l’histoire de la peinture et de l’art en général. Un moment chronologique : l’apparition du tableau dit de chevalet est assez précisément datée, ainsi que le serait l’annonce de sa fin. Un moment historique : le tableau semble être venu à son heure, laquelle a coïncidé avec le développement du commerce au long cours, l’accumulation du capital et la domination de la marchandise sous son espèce indépendante et fétichisée. […] Telle est la ruse du tableau qu’aujourd’hui encore, toute proposition picturale de quelque conséquence puisse être comme traversée par lui. Le tableau n’en a pas fini de fonctionner tout ensemble comme modèle et comme norme idéale, alors même que la notion en aurait été, non pas tant récusée, que radicalement déplacée.[…] Le tableau, chose du passé ? Mais quel tableau, ou le tableau en quel sens du mot ? Le tableau en tant qu’objet ? Le tableau en tant qu’activité, et qui en appellerait à ce titre à une conception élargie du travail de peinture ? Le tableau en tant que fonction, comme l’a voulu Lacan, et qui pourrait s’exercer hors contexte, sinon hors-cadre ? Le tableau en tant que forme, sur laquelle la pensée puisse tabler, au moins par métaphore, dans sa propre activité, ses propres opérations, son propre travail, et jusqu’à en venir à jouer elle-même sur plusieurs tableaux ?La question qui est celle du tableau en appelle ainsi à quelques détours, sinon à quelques déplacements auxquels est exposé tout un chacun qui s’intéresse à l’art. H.D.
LE TEMPS SUSPENDU

LE TEMPS SUSPENDU

sous la direction de Giovanni CARERI Bernhardt RÜDIGER
Lyon,  PUL, 2016,  336 p.
Prix : 26,00€
Issu d'un travail de recherche réunissant depuis 2004 artistes et historiens de l’art au sein de l'unité de recherche ACTH (Art contemporain et temps de l’histoire) et d’une exposition organisée à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, ce livre déploie une réflexion artistique et théorique autour d’un réseau d’œuvres d’art et de films. Il renouvelle la pensée de l'histoire de l'art, en faisant sienne une affirmation singulière : les images pensent et leurs liens font émerger une réflexion sur le temps historique et ses traumatismes. L'ouvrage présente un ensemble de contributions tissées à partir de montages d'images appelés « tables », formant cartographie. Dépourvues de lien direct entre elles, les œuvres entrent pourtant en résonance selon des parcours défiant les attendus – ainsi La Vague de Courbet côtoie La Région centrale de Michael Snow. En écho à ces dispositifs visuels de montage, l'ouvrage rassemble des contributions inédites d'historiens et de critiques d'art, aussi bien que de plusieurs artistes. Cet objet-livre constitue une proposition pour le regard et le savoir, un véritable espace d'exposition et de circulation engendré par la pensée des œuvres elles-mêmes.   Avec des contributions de : Giovanni Careri, Bernhard Rüdiger, Luca Acquarelli, Yann Annicchiarico, Simon Bergala, Bénédicte Duvernay, Angela Mengoni, Jennifer Lauro-Mariani, Thomas Léon, Morad Montazami, Philippe-Louis Rousseau, Eric L. Santner, Annabella Tournon, Ralph Ubl.  

ISBN : 978-2-7297-0911-2
Fiche éditeur : http://presses.univ-lyon2.fr/produit.php?id_produit=1012
SOULÈVEMENTS

SOULÈVEMENTS

Catalogue de l'exposition - Ouvrage collectif

sous la direction de Georges DIDI-HUBERMAN
Georges DIDI-HUBERMAN [dir.]
Paris,  Jeu de Paume/ Gallimard, Livre d'Art ,  2016,  420 p.
Prix : 49,00€
 «Une confiance d’enfant, une confiance qui va au-devant, espérante, qui vous soulève, confiance qui, entrant dans le brassage tumultueux de l’univers […], devient un soulèvement plus grand, un soulèvement prodigieusement grand, un soulèvement extraordinaire, un soulèvement jamais connu, un soulèvement par-dessus soi, par-dessus tout, un soulèvement miraculeux qui est en même temps un acquiescement, un acquiescement sans borne, apaisant et excitant, un débordement et une libération, une contemplation, une soif de plus de libération, et pourtant à avoir peur que la poitrine ne cède dans cette bienheureuse joie excessive…»  Henri Michaux, L'Infini turbulent (1957).
UN ART DE L'ÉTERNITÉ

UN ART DE L'ÉTERNITÉ

L'IMAGE ET LE TEMPS DU NATIONAL-SOCIALISME

Éric MICHAUD
Paris,  Gallimard, Folio-histoire ,  2017 [1996],  432 p.
Prix : 7,49€
L'art ne fut pas sous le IIIe Reich un instrument de propagande au service d'un programme politique. Parce que le nazisme fondait sa conception du monde sur le mythe de la race supérieure, seule créatrice de culture, l'art fut au contraire la raison d'être et la fin d'un régime qui se présentait comme «la dictature du génie».Le réveil du peuple allemand à l'art de son passé prit la forme d'un réveil religieux, l'art devint l'objet d'un culte national et tout travail fut assimilé à l'activité artistique. Guidé par un Führer artiste, le peuple «aryen» modelait sa propre figure, en dessinait les contours, éliminant son fond «parasite» pour atteindre l'éternité promise.
HUBERT DAMISCH

HUBERT DAMISCH

L'art au travail

sous la direction de Giovanni CARERI et Georges DIDI-HUBERMAN
ÉDITIONS MIMÉSIS, Images, médiums, n.4. ,  2016,  264 p.
Prix : 26€
L’ouvrage propose une réflexion sur l’actualité de la pensée de Hubert Damisch, connu pour avoir envisagé, dès les années 70, une rencontre féconde entre l’histoire de l’art, l’anthropologie et la psychanalyse, qui a fait éclater le cadre disciplinaire étroit et historiciste des études artistiques, attribuant aux œuvres une forme de «pensée». Les auteurs nous offrent notamment un éclairage sur les articulations de ses travaux avec l’iconologie, la philosophie, l’anthropologie, la sémiotique et la psychanalyse, en montrant les approches singulières que cette démarche a contribué à construire dans les domaines de l’histoire de l’art, mais aussi dans ceux de l’architecture et du cinéma.
PASSER, QUOI QU'IL EN COÛTE

PASSER, QUOI QU'IL EN COÛTE

Georges Didi-Huberman, Niki GIANNARI
Paris,  Les éditions de Minuit, 2017,  104 pages, 11 illustrations in-texte p.
Prix : 11.50 €
« Apatrides, sans-foyer. Ils sont là. Et ils nous accueillent Généreusement dans leur regard fugitif, nous, les oublieux, les aveugles. Ils passent et ils nous pensent. » (Niki Giannari) « Passer. Passer quoi qu’il en coûte. Plutôt crever que ne pas passer. Passer pour ne pas mourir dans ce territoire maudit et dans sa guerre civile. Avoir fui, avoir tout perdu. Passer pour tenter de vivre ici où la guerre est moins cruelle. Passer pour vivre comme sujets du droit, comme simples citoyens. Peu importe le pays, pourvu que ce soit un État de droit. Passer, donc, pour cesser d’être hors de la loi commune. Dans tous les cas : passer pour vivre. Mais là où vous avez fui les murs clos des caves bombardées, vous avez trouvé une frontière close et des barbelés au camp d’Idomeni. » (Georges Didi-Huberman)Passer, quoi qu’il en coûte se compose d’une part d’un poème, en version bilingue, de Niki Giannari intitulé Des spectres hantent l’Europe (pages 11 à 21) et d’un texte de Georges Didi-Huberman intitulé Eux qui traversent les murs (pages 25 à 88). Les 11 illustrations de ce livre sont tirées  d’un documentaire, Des spectres hantent l’Europe, tourné dans un camp à Idomeni en Grèce dont Niki Giannari est coauteur avec Maria Kourkouta.
THE LIFE OF PLANTS

THE LIFE OF PLANTS

A Metaphysics of Mixture

Emmanuele COCCIA
Cambridge,  Polity Press, 2018 [2016],  176 p.
Prix : £ 15,99
We barely talk about them and seldom know their names. Philosophy has always overlooked them; even biology considers them as mere decoration on the tree of life. And yet plants give life to the Earth: they produce the atmosphere that surrounds us, they are the origin of the oxygen that animates us. Plants embody the most direct, elementary connection that life can establish with the world. In this highly original book, Emanuele Coccia argues that, as the very creator of atmosphere, plants occupy the fundamental position from which we should analyze all elements of life. From this standpoint, we can no longer perceive the world as a simple collection of objects or as a universal space containing all things, but as the site of a veritable metaphysical mixture. Since our atmosphere is rendered possible through plants alone, life only perpetuates itself through the very circle of consumption undertaken by plants. In other words, life exists only insofar as it consumes other life, removing any moral or ethical considerations from the equation. In contrast to trends of thought that discuss nature and the cosmos in general terms, Coccia's account brings the infinitely small together with the infinitely big, offering a radical redefinition of the place of humanity within the realm of life.

ISBN : 978-1509531530
DISPLACING CARAVAGGIO

DISPLACING CARAVAGGIO

Art, Media, and Humanitarian Visual Culture

Francesco ZUCCONI
Basingstoke,  Palgrave Macmillan, 2018,  244 p.
Prix : $84.99
L'ouvrage est le résultat du projet Marie Skłodowska-Curie Individual Fellowship (658512) “Humanitarian Passions. The Survival of Christian Iconography in Contemporary Representations of Pain: a Visual Studies Approach”, mené au CEHTA entre 2015 et 2017.This book takes its start from a series of attempts to use Caravaggio’s works for contemporary humanitarian communications. How did his Sleeping Cupid (1608) end up on the island of Lampedusa, at the heart of the Mediterranean migrant crisis? And why was his painting The Seven Works of Mercy (1607) requested for display at a number of humanitarian public events? After critical reflection on these significant transfers of Caravaggio’s work, Francesco Zucconi takes Baroque art as a point of departure to guide readers through some of the most haunting and compelling images of our time. Each chapter analyzes a different form of media and explores a problem that ties together art history and humanitarian communications: from Caravaggio’s attempt to represent life itself as a subject of painting to the way bodies and emotions are presented in NGO campaigns. What emerges from this probing inquiry at the intersection of art theory, media studies and political philosophy is an original critical path in humanitarian visual culture.

ISBN : 978-3-319-93377-1
Fiche éditeur : https://www.palgrave.com/us/book/9783319933771
THE TRANSITORY MUSEUM

THE TRANSITORY MUSEUM

Emanuele COCCIA, Donatien GRAU
Cambridge,  Polity Press, 2018,  140 p.
Prix : £ 11,87
Throughout modernity there has been a clear divide between art and commerce. Objects could either be consumed as commerce or contemplated as art. Today, as museums are facing increasing financial pressure and as stores have become inventive locations for the conception of new modes of display, this clear divide has shifted. One place signifies a key stage in this evolution: 10 Corso Como. It was founded in Milan at that very address in 1991 by fashion editor Carla Sozzani and has since expanded to Seoul, Beijing, Shanghai and New York. The name “concept store”, which has now spread across our globalised world, was originally coined to describe this new form. It brings together objects for sale, artworks, books, clothes, accessories, and even souvenirs in a unique location, blending commerce and contemplation, fashion and art. Stemming from a case study of this genre-defining entity, this first philosophical inquiry into a store aims to shed a new light on how categories that have governed our modern social, economic, political and individual lives, such as commerce, art, fashion, museum, are being redefined today. It calls on us to re-engage with what we long considered to be separate: transcendence and immanence, human beings and their objects.

ISBN : 978-1509533053
LE GESTE EMPRUNTÉ

LE GESTE EMPRUNTÉ

Anne CREISSELS
Lille,  Editions du Félin, Les marches du temps ,  2019Prix : 22 euros
À l'encontre d'une illusoire liberté tant prônée par nos sociétés contemporaines, Anne Creissels engage, en traversant l'histoire et les disciplines, à penser le geste comme fondamentalement emprunté, condition paradoxale de sa métamorphose. Note de l'éditeur, en quart de couverture.
L'ART ET LA RACE

L'ART ET LA RACE

L'AFRICAIN (TOUT) CONTRE L'OEIL DES LUMIÈRES

Anne LAFONT
Paris,  Les Presses du réel, 2019,  476 p.
Prix : 32 euros
L'historienne de l'art Anne Lafont livre une étude inédite sur les relations étroites et paradoxales de l'art et de la race à l'époque des Lumières. Une nouvelle voix dans les travaux actuels sur les questions de race, d'art, d'images et de colonies. En se fondant sur un corpus d'œuvres d'art connues et moins connues, l'auteure revisite les Beaux-Arts au XVIIIe siècle sous l'angle de la représentation des Noirs, figures qui, non seulement, articulent savoirs anthropologiques et expériences esthétiques, mais aussi histoire du luxe métropolitain et histoire de l'esclavage colonial. Ce livre est fondé sur une recherche de plus de dix ans sur les formes qu'ont prises les figures de l'Africain et de l'Africaine dans l'art continental et colonial français d'avant l'imaginaire abolitionniste. Il couvre les cultures visuelles et artistiques qui vont de la fin du XVIIe siècle – à l'époque de Coypel, Mignard, Largillière… – quand les colonies antillaises commencèrent à percer dans le champ artistique métropolitain, au premier tiers du XIXe siècle – à l'époque de Girodet, Benoist et Léthière jusqu'à Géricault… – quand l'échec de la première abolition de l'esclavage (1802) durcit l'iconographie partisane, mettant la violence des vies dans les plantations à l'ordre du jour de la création artistique.
UNE AFRICAINE AU LOUVRE EN 1800

UNE AFRICAINE AU LOUVRE EN 1800

La Place du modèle

Anne LAFONT
Paris,  Institut national d'histoire de l'art (INHA), 2019,  115 p.
Prix : 8
Qui est cette femme représentée sur le fameux Portrait d'une femme noire réalisé en 1800 par Marie-Guilhemine Benoist (1768-1826)? Qui se cache derrière cette présence en gloire presque qui s'impose par sa beauté souveraine sur ce tableau pourtant réalisé par une peintre dont l’engagement politique en fait bien une partisane des royalistes esclavagistes plus que d’un Girodet républicain, son prédécesseur qui, avant elle, avait réalisé le portrait de Jean-Baptiste Belley, premier député noir de France? C’est en opérant un déplacement radical du point de vue et de la méthode qu’Anne Lafont, en historienne de l’art spécialisée dans la représentation des Noir.e.s,, propose une nouvelle « lecture » de ce tableau. Se détournant des intentions de son auteur, sondant à la fois la généalogie des portraits de personnes de couleurs et l’histoire des femmes noires affranchies, Anne Lafont fait l’hypothèse que l’histoire de cette femme pourrait s’apparenter à celles des signares et ou des Créoles placées, esclaves qui ont conquis leur affranchissement par des jeux d’alliance; elle imagine, par ailleurs, au-delà de toutes les influences de l’histoire de l’art, une influence exercée par la modèle elle-même sur sa portraitiste.
DÉSIRER-DÉSOBÉIR

DÉSIRER-DÉSOBÉIR

Ce qui nous soulève, 1.

Georges Didi-Huberman
Paris,  Éditions de Minuit, Paradoxe ,  2019,  688 p.
Prix : 28 €
« Nous avions beaucoup enduré et puis, un jour, nous nous sommes dit que cela ne pouvait plus durer. Nous avions trop longtemps baissé les bras. À nouveau cependant — comme nous avions pu le faire à l’occasion, comme d’autres si souvent l’avaient fait avant nous — nous élevons nos bras au-dessus de nos épaules encore fourbies par l’aliénation, courbées par la douleur, par l’injustice, par l’accablement qui régnaient jusque-là. C’est alors que nous nous relevons : nous projetons nos bras en l’air, en avant. Nous relevons la tête. Nous retrouvons la libre puissance de regarder en face. Nous ouvrons, nous rouvrons la bouche. Nous crions, nous chantons notre désir. Avec nos amis nous discutons de comment faire, nous réfléchissons, nous imaginons, nous avançons, nous agissons, nous inventons. Nous nous sommes soulevés. » Ce livre est un essai de phénoménologie et d’anthropologie — voire une poétique — des gestes de soulèvement. Il interroge les corps avec la psyché à travers le lien profond, paradoxal, dialectique, qui s’instaure entre le désir et la mémoire. Comme il y a « ce qui nous regarde » par-delà « ce que nous croyons voir », il y aurait peut-être « ce qui nous soulève » par-delà « ce que nous croyons être ». C’est une question posée en amont — ou en dedans — de nos opinions ou actions partisanes : question posée, donc, aux gestes et aux imaginations politiques. Question posée à la puissance de se soulever, même lorsque le pouvoir n’est pas en vue. Cette puissance est indestructible comme le désir lui-même. C’est une puissance de désobéir. Elle est si inventive qu’elle mérite une attention tout à la fois précise (parce que le singulier, en l’espèce, nous dit plus que l’universel) et erratique (parce que les soulèvements surgissent en des temps, en des lieux et à des échelles où on ne les attendait pas) ».
NINFA DOLOROSA

NINFA DOLOROSA

Essai sur la mémoire d'un geste

Georges Didi-Huberman
Paris,  Gallimard, Art et Artistes ,  2019,  3452 p.
Prix : 29 €
Ce quatrième volume de la série Ninfa est une enquête sur les gestes de lamentation, lorsqu’un défunt se voit pleuré par une mère (Mater dolorosa), une épouse ou une jeune sœur (Ninfa dolorosa).    Tout part d’une photographie extraordinaire de Georges Mérillon intitulée la Pietà du Kosovo (1990) et des questions qu’elle a immédiatement soulevées dans le monde médiatique comme dans sa réception par certains artistes contemporains, tel Pascal Convert.  Suivant, une fois de plus, les leçons d’Aby Warburg, Georges Didi-Huberman «construit la durée» de ces images en interrogeant les métamorphoses du pathos et de ses formes gestuelles dans l’histoire.   L’enquête sera donc en même temps serrée (sur le cas kosovar) et ouverte, explorant les rapports entre le présent le plus proche et le passé le plus lointain, l’Occident et l’Orient, le christianisme et l’islam, le modèle tragique et les formes bibliques de la lamentation. Il n’en fallait pas moins pour proposer, de ce geste, un essai d’anthropologie historique.
LE BIEN DANS LES CHOSES

LE BIEN DANS LES CHOSES

Emanuele COCCIA
Paris,  Rivages, Poche Petite bibliothèque ,  2019 [2013],  218 p.
Regardez les murs de la ville : ils regorgent d'écrits et d'images qui nous disent comment mieux vivre, comment être nous-mêmes, comment devenir moraux. Pour qui sait la regarder, la publicité est porteuse de la morale publique. Si c'est le cas, il faut revenir avec plus de soin sur ce qui relie espace public et publicité. Le premier a mobilisé l'attention des philosophes et des sociologues; la seconde a attiré la foudre des moralistes. Et pourtant, la publicité exprime la valeur morale à venir. Pour le reconnaître, il faut opérer une véritable conversion du regard : la morale n'est pas refermée dans le rapport que nous entretenons avec les hommes et les femmes qui nous entourent ; elle est aussi, et pour une grande part, dans le rapport que nous avons avec les choses.

ISBN : 9782743647230
LE SOULÈVEMENT INFINI

LE SOULÈVEMENT INFINI

Georges Didi-Huberman, Louise Déry
Galerie de l'UQAM, 2019,  317 p.
Prix : 40 $
  Au terme de la circulation internationale de Soulèvements, une exposition signée par Georges Didi-Huberman et produite par le Jeu de Paume à Paris, Le soulèvement infini présente l’adaptation montréalaise de ce vaste projet transdisciplinaire. Près d’une cinquantaine d’œuvres, documents d’archives, photographies documentaires, livres, magazines et films ont été intégrés à l’exposition afin d’évoquer divers soulèvements liés à des revendications identitaires, féministes, antiracistes et autochtones survenues au Québec et au Canada. En plus d’une abondante documentation visuelle, des plans de l’exposition et des ressources documentaires variées, l’ouvrage s’ouvre sur un portfolio de Georges Didi-Huberman consistant en soixante-douze photographies réalisées lors des six accrochages successifs de Soulèvements. Soulèvements est une exposition transdisciplinaire sur le thème des émotions collectives, des évènements politiques en tant qu’ils supposent des mouvements de foules en lutte : il y est donc question de désordres sociaux, d’agitations politiques, d’insoumissions, d’insurrections, de révoltes, de révolutions, de vacarmes, d’émeutes, de bouleversements en tous genres.      
LA RESSEMBLANCE INFORME OU LE GAI SAVOIR VISUEL SELON GEORGES BATAILLE

LA RESSEMBLANCE INFORME OU LE GAI SAVOIR VISUEL SELON GEORGES BATAILLE

Georges Didi-Huberman
Paris,  Éditions Macula, 2019 [1995],  504 p.
Prix : 32 euro
Ce livre est un traité d'esthétique paradoxale. Une esthétique que Georges Didi-Huberman développe à partir de l'analyse minutieuse - textes et images mêlés et confrontés - de Documents, la revue d'art que Georges Bataille, avec ses compagnons Michel Leiris, Carl Einstein, Marcel Griaule, et quelques autres, a dirigée en 1929 et 1930. Dans cette revue, Bataille a fait preuve d'une stupéfiante radicalité dans la tentative de dépasser, de « décomposer » comme il disait, les fondements mêmes de l'esthétique classique. Et il le fit autant dans la production théorique de quelques notions explosives que dans la manipulation pratique, concrète, des images qu'il convoquait et montait les unes avec les autres pour mieux éprouver leur efficacité. La rencontre de Bataille avec S. M. Eisenstein, leurs multiples affinités donnent toute la mesure de cette pratique et de cette pensée du montage. L'esthétique qui s'y fait jour est paradoxale en ce qu'elle déplace les problèmes traditionnels du « goût » vers ceux du désir, de la « beauté » vers ceux de l'intensité, et de la « forme » vers ceux de l'informe. Mais l'informe n'est pas refus de la forme. Ce livre est donc traversé de ressemblances cruelles et informes, de ressemblances déchirantes et déchirées. Il tente néanmoins, au-delà des lectures « empathiques » dont Bataille a fait souvent l'objet, de dégager une leçon de méthode pour l'histoire de l'art et pour l'esthétique d'aujourd'hui : la conjonction d'une pensée transgressive et d'une pensée déjà structurale, la conjonction des avant-gardes artistiques (peinture, sculpture, cinéma, photographie) et des sciences humaines (archéologie, histoire, ethnologie, psychanalyse). Tout cela fait de Documents un véritable moment clef dans notre pensée moderne de l'image: un moment de gai savoir visuel dont nous devons, aujourd'hui plus que jamais, méditer la généreuse leçon. Dans cette réédition l’auteur revient, dans une longue postface, sur le débat théorique suscité par la notion d’« informe », ainsi que sur les problèmes posés et les possibilités offertes par ce qu’on nomme encore la « critique d’art ».

ISBN : 978-2-86589-112-2
Fiche éditeur : http://www.editionsmacula.com/livre/43.html
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